poesie

Ma philosophie à quasiment mon âge
je reste seul en ses parages
l'époque appartient à d'autres soucis
d'autres principes établis
droit comme des forteresses
insidieux comme une ivresse
élevés comme modéles
labellisés eternels
vus tellement depuis toujours
qu'ils apparaîssent sans contours
confondus à l'horizon
à leur tour omniprésent
mettant à égalité la présence
à son contraire l'absence
fondamentaux à ce point diffus
qu'on les adopte à notre insu
conceptions entretenues
tout en passant inaperçues.
ces consentements inconscients
nous servent de leçons
plus besoin pour les savoir
d'en amont les vouloir
plus besoin pour les apprendre
d'avoir encore à les entendre
ces devoirs se récitent d'eux mêmes
se respirent comme un oxygéne
nous nous les transmettons, sans nous en rendre compte
en vérité, se sont eux qui nous racontent
ils occupent autant notre histoire
que nos reflets dans nos miroirs
on ne voit qu'eux à travers nous
comme l'eau à travers des remous
tous nous marchons à l'envers
en appartenant à leurs manières
je veux prendre à rebours nos décors
la ou est vue la vie, je veux vois la mort
je saccage nos vieux refrains
en revendiquant la fin
la vie à chaque heure nous abrége
seule la mort nous protége
en abandonnant nos souffrances
au monde de tous les silences
mais elle n'est pas qu'un point final
l'arrêt de nos phases terminales
en nous elle s'exprime par une contradiction
qui raisonne comme une invitation
pour que s'entendent dans nos vies humaines
d'autres chants de siréne
moins séduisant que des mirages
plus parlant qu' un message
qui nous dit qu'on progresse
aidé par ce qui nous agresse
qu'une douleur est plus aimable
qu'une douceur agréable
le plaisir par ses prises de distance
offre à son opposé une avance
tout à leur origine nos joies
souffrent de faux pourquoi
se loge dans ce qui nous fait envie
un désir d'anesthésie
oublier cette douleur
rattachée à notre derniere heure
notre entière volonté
est le produit de cette priorité
la mort en nous en usant de l'avenir
résonne déja comme un mauvais souvenir
avant de clôre notre histoire
elle occupe notre mémoire
tout ce qui en nous se rappelle
obéit à ce paralléle
tout ce à quoi on songe
sert à cet égard d'éponge
les ombres de nos cimettières
nous inspirent d'autres lumières
mais tout ce qui filtre de nos trépas
même constaté n'existe pas
forcé cette insistance
en vrai reste sans résonance
même visibles nos icones
sont de divins fantômes