J'ai cherché à comprendre
pourquoi à ce point on se tue
j'ai voulu en nous descendre
pour que me soit aperçu
cette tendance qui nous dévore
comme un cancer inné
rongeant l'ame et le corps
comme un fait programmé
métastases étranges
maladie par avance
qui condamne l'archange
à une déchéance
pourquoi ces ailes alors
pour retomber si bas
pourquoi un tel essor
et puis ce patatras
grotesque
si l'on pouvait en rire
trop presque
puisqu'il nous fait mourir
alors ces crises existentielles
aux humeurs mauvaises
comment après le ciel
retrouver la glaise
comment après avoir tant vu
disparaitre à ce point
qu'on se perd de vu
qu'on se lâche la main
qu'après l'immensité
juste goutée des yeux
on perde toutes notions
de durée et de lieux.

Lorsqu'on se fait du mal
et qu'on sait qu'on s'en fait
d'où cet entendu fatal
puise sa source en vrai
lorsque notre intelligence
est à ce point exploitée
qu'elle rend allégeance
à ce qui nous fera tomber
des arsenaux nucléaires
à cette pollution partout
d'où nous vient ce caractère
qui en nous gache tout
d'où nous vient ce dégout
cette vaste déception
qui de nous vers nous
nous pousse à l'aversion

J'ai de suite abandonné
ces notions de bien de mal
j'ai aussitôt dépassé
ce que nous dit la morale
je devais aller plus loin
que ce que ces prières accusent
rejetter ses refrains
répétés qui abusent
ces litanies piégeuses
anesthésies mensongères
aux terres boueuses
dans lesquelles on s'enferre
qui rêvent de solutions
comme on rêve de graines
poussant sans floraison
avant, pour qu'un vent les sème
qui rêvent de sillons
sans charrue ni boeuf
porté par ces ambitions
qui fabriquent les dieux
lorsque pour arriver
sans prendre un seul chemin
l'endroit est inventé
pour être enfin atteint.

Il doit y avoir une raison
pour que nous perdions pied
une explication
à nos actes insensés
trouver enfin comment
on peut faire à la fois
de si vastes talents
de si mauvais emplois
est-ce pour être trop frêles
en étant si puissant
qu'on se montre cruel
à notre détriment
qui génére en nous
cette contradiction
comme un coup de grisou
dans nos inconscients
sous forme d'opposition
entre ce que l'on peut
et notre condition
qui comme un désaveu
nous offre l'infini
comme l'éternité
au fil d'une vie
d'une fragilité
si grande qu'un détail
un soir d'un coup de vent
comme un fétu de paille
nous fait d'un rien absent

Qui y a-t-il en nous
qu'on déteste à ce point
qui gâche en nous ce goût
premier d'être humain
Comme si cette chance
usant de l'absolu
offrait une abondance
par avance corrompue
alors que partout
des bestioles sans saveur
n'ont pas ces atouts
qui nous valent nos hauteurs
par lesquelles ces horizons lointains
de lieux comme de temps
sont en nous des demains
qui prenent les devants
on devrait être fiers
de ce que nous sommes
un monde sur cette terre
pile, par personne
une lecture de la réalité
offerte à chacun
pour que ce qui est
ne passe plus en vain
qu'il y ait une expression
pour tous ces hasards
ces quelques descriptions
qui fabriquent les histoires
parce qu'être humain
si nous avons un rôle
il est à nos matins
de donner la parole
afin que la lumière
du jour soit moins vaine
et que ce qu'elle éclaire
dans nos mots se souvienne.