Aveugles et sourds volontaires
voila ce que nous sommes
histoire de caractères
où qui sait de génomes
car, aller droit dans le mur
tout en accélérant
pour se dire sûr
qu'il n'est pas vraiment
donne ce train suicidaire
propre à amplifier
la force de ce revers
ainsi ignoré
plus que ce déni
qui détient le pouvoir
de faire d'un interdit
un sens obligatoire
qu'est-ce qui tout en nous
à notre intelligence
nous vaut ce gout
pour tant d'incohérences

Quand la porte d'un paradis
offerte juste à deux pas
est à ce point honni
alors, se demander pourquoi
et par cette question
sans qu'il y ait d'avantage
naisse cette solution
qui peut faire barrage
à ce qui nous gache
comme il suffit parfois
juste que l'on sache
à quoi l'on s'emploie
pour que ce savoir
là nous arrache
à ce phare
insensé qui nous lâche
du côté où la terre
céde ses attaches
à la mer
à ces traquenards
étranges mentors
qui doivent leurs savoirs
à ce qu'on ignore
mais ce qui pour un seul
peut marcher alors
à plusieurs s'étoile
parce qu'il y a pléthore
d'intérêts différents
et à l'image d'une aurore
au soleil absent

Ces remédes pluriels
ne trouvent pas gain de cause
meurt leur étincelle
quand le nombre en dispose
d'ailleurs nos rassemblements
parlent de cet état de faits
réussies ces unions
affichent des succés
Contraire à leurs raisons
à ce pourquoi
on ressera les rangs
quant à la fin tout ça
cette mise en uniforme
ne transcende l'aura
d'une seule personne
ces résumés là au final
sont toujours les mêmes
posent sur un piedestal
les rois les reines
et en nous renvoyant
à une seule unité
à chaque génération
cette erreur répétée
insiste en mauvais sens
et accrue le creusée
de cette lourde distance
qui dit que l'étranger
au détour d'un trottoir
est à égalité
lorsque d'un miroir
cet autre nous-mêmes
nous interroge aussi
d'une façon plus lointaine
encore, en nous demandant qui
se tient dans ce reflet
quelqu'un de déjà là
où une identité
qui comme une saga
guette ces péripéties
par lesquelles les histoires
petit à petit
emplissent leurs mémoires
et déviennent cohérente
par défaut
loin de ces ententes
qui font les concertos
ces récits fabriqués
le sont de bric de broc
de hasards lancés
qui sans cesse s'entrechoquent.
qui laissent nos volontés
croire qu'elles décident
alors que ces données
en nous président

Et qui nous apprennent
notre seul rôle possible
pour rester à nous-mêmes
un tantinet crédible
disant que sur la scène
où la réalité se joue
le rôle qui nous convienne
qui efface ce flou
nous poussant à l'erreur
comme une goutte en trop
en devenant acteur
pour nuire à ce fiasco
qui puise justement
ce pourquoi il s'installe
dans ces pauvres bilans
dans ce cercle infernal
où nos loupés vainqueurs
levent les mains pour nous
au nom de cette ardeur
qui resserre l'écrou
de ce piége subtil
qui nous conduit surtout
à nous vouloir utile
comme le veut l'expression
pour conjurer la valse
de ces déceptions
qui font de leurs impasses
une direction
à notre entendement
sans qu'on admettre
qu'il y a dans ces élans
ce qui nous arrête
et qu'il nous faudrait
pour avancer enfin
vouloir se décider
à ne toucher à rien
à regarder le monde
juste pour l'intitulé
avoir pour chaque seconde
un mot pour ce qui est
pour offrir à ces présences
que le hasard instaure
notre intelligence
comme second décor
pour que ces chaos
en ébullition
ne filent sans jouir du sceau
d'une interprétation
et qu'une éternité
première se révèle
et pouvant se vanter
d'abord d'avoir été réelle
pour avoir inspiré
un language
qui font de ces allers
et retours enfin, des voyages